APPELLATIONS

Promue auprès du grand public par l'américain Raymond Moody à partir de 1975 avec la publication d'un recueil de témoignages dans La vie après la vie, l'auteur baptise l'expérience Near Death Experience ou NDE. Le sigle est encore couramment utilisé dans les pays francophones bien que le terme d'Expérience de Mort Imminente ou EMI existe en France depuis 1896, introduit par le psychologue et épistémologue Victor Egger dans son livre Le moi des mourants. Aujourd'hui, le débat est encore vif en vue de trouver l'appellation la plus pertinente pour cette expérience : « expérience aux frontières de la mort », « expérience de mort approchée » (EMA) ou encore « expérience de mort-retour » peuvent être entendus. Mais les termes EMI et NDE sont encore les plus courants. Il est à noter que l'appellation NDE s'est également imposée par la fait que les États-Unis ont rapidement pris une avance considérable sur l'étude des EMI au contraire de la France, encore assez réfractaire à reconnaître les phénomènes de l'esprit.

Dans les pays francophones, celui ou celle qui vit une Expérience de Mort Imminente est couramment appelé/e sans distinction "expérienceur" ou "emiste".

 

CONTEXTE ET DÉFINITION

L'Expérience de Mort Imminente peut se manifester chez toute personne, informée sur le sujet ou ignorant même la possibilité de cette expérience et ce quelles que ses origines culturelles, religieuses ou sociales. 

L'Expérience de Mort Imminente (ou EMI) à proprement parler est le plus couramment connue pour se manifester durant un coma profond ou durant le laps de temps pendant lequel une personne est en état de mort clinique. On parle de mort clinique lorsque les tests cliniques effectués — et répétés plusieurs fois — pour vérifier la mort d'une personne montrent que, simultanément, le patient n'a plus d'activité musculaire spontanée, de réflexe — pas de réaction à la douleur par exemple — et qu'il est constaté qu'elle ne respire plus.

Dans les cas précités, l'EMI se constate au retour à la conscience de la personne, réanimée ou sortie du coma, qui rapporte alors avoir vécu une expérience singulière durant le temps où elle était présumée être parfaitement inconsciente. Il est intéressant cependant de noter que l'effet de décorporation n'est pas exclusif à une mort imminente. De nombreuses études ont rapporté des états de sortie hors du corps dans des contextes variés tels que la méditation, la transe, la paralysie du sommeil, le voyage astral, l'orgasme, le rêve lucide ou encore lorsque le corps d'une personne est menacé de mort sans pour autant faire l'expérience d'une mort clinique. L'effet de décorporation est défini aux Etats-Unis dès 1972 comme « une expérience qui s'apparente à un syndrome passager de dépersonnalisation, lorsque l'on est en danger de mort, on se scinde en un Moi en état d'alerte et en un Moi en état d'observation, rendu étranger à son propre corps, ce qui correspondrait à un mécanisme de protection de la psyché humaine ».

 

Chaque EMI est particulière et vécue différemment selon les personnes, leur âge, leur sexe, leur culture ou encore leurs différentes croyances. Cependant, on leur reconnaît globalement des caractéristiques spécifiques qui se recoupent à travers l'ensemble des témoignages (voir ci-dessous).

 

CARACTÉRISTIQUES COMMUNES

A UNE EMI

Les caractéristiques figurant d'une Expérience de Mort Imminente peuvent se trouver répertoriées dans les travaux de professionnels de santé sur le sujet ainsi qu'à travers les nombreux recueils de témoignages qui existent aujourd'hui. Il est bien entendu libre à chacun d'entamer des recherches bibliographiques afin de se renseigner plus avant sur les particularités qui composent une EMI. EMI Internationale souhaite tout de même pouvoir permettre à chacun de reconnaître son expérience en proposant ci-dessous, une liste non-exhaustive des caractéristiques que peut être amené à vivre un expérienceur durant une EMI.

 

Cependant, une EMI ne regroupera pas forcément l'ensemble de ces caractéristiques.

Ainsi on retrouve le plus souvent mais pas systématiquement :

 

  • La décorporation (souvent avec un survol de son corps que l'on ne reconnaît pas ou à peine dans sa forme charnelle)

  • La conviction d'être mort et cependant conscient mais dans un corps immatériel

  • La vision d'un tunnel (qui peut être sombre, lumineux, d'une couleur indéfinissable, etc.)

  • La "revue de vie" ou remémoration complète ou partielle de sa propre existence, souvent avec une distorsion du temps et pouvant être perçue par le biais de la vision « comme sur un écran » (les moments qui y sont représentés sont le plus souvent les moments où l'on a fait souffrir le plus et/ou l'on a rendu le plus heureux)

  • L'enchaînement de profondes prises de conscience sur la condition humaine (la sienne et celle de l'être humain en général)

  • La rencontre avec des entités spirituelles qui, au retour à la réalité matérielle, revêtent plusieurs appellations selon les origines culturelles et/ou religieuses de l'expérienceur (« êtres de lumière », « anges », « guides », ...)

  • La rencontre avec des personnes décédées (des proches, des membres de sa famille, des ancêtres, ...)

  • La vision d'une lumière inspirant un sentiment d'amour infini, de paix et de tranquillité (lumière souvent difficile à décrire au retour à la réalité matérielle, les mots « manquant » pour la décrire)

  • L'impression d'une expérience ineffable, d'union et de plénitude

  • Le moment du retour qui peut être forcé ou proposé comme un choix à la personne

Liste non exhaustive

 

CARACTÉRISTIQUES COMMUNES  AU RETOUR

  • L'incommunicabilité de l'expérience (les mots qui manquent, l'entourage qui refuse d'écouter, le corps médical encore souvent obtus face à ces témoignages, la peur de ne pas être cru, la peur d'être considéré comme fou, ...)

  • La confirmation d'avoir bien été témoin d''événements dans un contexte où la médecine considère pourtant qu'il est impossible pour la personne de percevoir quoi que ce soit par le biais de ses cinq sens physiques (conversations entre médecins, actes chirurgicaux, ...)

  • Le renversement ou l'enrichissement spontané des valeurs

  • La curiosité intellectuelle et la soif de connaissance accrues ainsi que la sensation d'avoir soudainement mûri

  • Une baisse d'intérêt pour le religieux et une curiosité croissante pour le spirituel dans un sens large et collectif à l'échelle de l'humanité

  • La poursuite des prises de conscience dans la réalité matérielle sur la condition humaine, la sienne et celle de l'humanité

  • La réalisation concrète de l'importance de l'amour du prochain appliqué au retour naturellement dans la vie de tous les jours

  • La crainte radicalement diminuée voire disparue de la mort

  • La certitude de retrouver le même état au prochain départ

  • La diminution radicale voire la disparition des éventuelles tendances suicidaires

  • La réalisation que l'intégration de l'expérience va pouvoir prendre plusieurs années, voire toute une vie

  • Le développement spontané des perceptions sensorielles et intuitives*

  • Le souhait de rencontrer d'autres expérienceurs pour pouvoir partager librement son expérience (une des motivations fondamentales à la création d'EMI Internationale)

 

Liste non exhaustive

*« Les rescapés d’EMI sont nombreux à se sentir envahis, sans vraiment le vouloir, par des informations venant d’une autre dimension. Cela affecterait 84% (Ring) et 92% (Sutherland) des sujets. Faisant de cette hypersensibilité intuitive l’une des conséquences des EMI les plus courantes et les moins souvent rapportées de façon spontanée. Brusquement, les sujets se mettent à percevoir très précisément les émotions des autres. Cette hypersensibilité intuitive provoque chez les sujets une insécurité extrême : à force de se débattre avec la masse d’informations qui leur arrivent malgré eux, ils ont tendance à se renfermer sur eux-mêmes. Ils évitent les lieux animés, supermarchés ou transports en commun. Ils n’osent pas parler de cette capacité nouvelle et encombrante de peur d’être rejetés ou même déclarés fous. N’est-il pas embarrassant de savoir que la personne en face de nous est capable de connaître nos pensées ou nos émotions ? »

 

— Pim van Lommel, Mort ou Pas ? : Les dernières découvertes médicales sur les EMI, 2012, trad., InterEditions, coll. « Nouvelles évidences »

Une Expérience de Mort Imminente a toujours un impact profond sur l'individu, beaucoup de psychologues le reconnaissent aujourd'hui. L'expérience est en général très marquante pour les sujets qui la vivent. Le retour à la réalité matérielle peut s'accompagner d'une certaine confusion entre l'EMI et la réalité ce qui peut rapidement amener la personne à avoir peur d'être considérée comme victime d'une maladie mentale. C'est aussi afin d'éviter ce type d'amalgames faciles et dangereux que l'association EMI Internationale est née.

De même, les caractéristiques les plus communes à l'expérience vécue au retour à la réalité matérielle sont le plus souvent mais pas systématiquement :

 

ÉTUDES  SUR LES EMI

Au retour de son EMI, l'expérienceur se retrouve facilement piégé entre l'étrange sidération de l'expérience vécue et, selon ceux qui l'entourent au moment de son retour, par un profond sentiment d'obligation au silence. Ce silence peut durer parfois pendant des dizaines d'années alors même que l'expérience est a contrario souvent perçue par l'expérienceur comme l'expérience la plus marquante de sa vie.

 

Abolir le tabou et délier la parole afin de faciliter l'assimilation de l'expérience dans sa globalité est l'une des missions principales d'EMI Internationale.

Selon les études de 2001 réalisées par Pim Van Lommel, un cardiologue hospitalier néerlandais qui s'intéresse aux EMI depuis 1986, sur 344 patients qui ont été réanimés avec succès après avoir souffert d'un arrêt cardiaque, 62 (18 %) ont exprimé un souvenir préopératoire et parmi ceux-ci, 41 (12 %) ont expérimenté une EMI, qui inclut une expérience de sortie hors du corps. Parmi les 62 patients qui ont exprimé un souvenir :

  • 50 % ont rapporté une conscience d'être mort

  • 31 % se souviennent d'avancer dans un tunnel

  • 32 % décrivent la rencontre de personnes décédées

Van Lommel conclut que les découvertes de son étude confortent la théorie que la conscience perdure malgré l'absence d'activité neuronale dans le cerveau. Van Lommel émet l'hypothèse que la continuité de la conscience peut être réalisable si l'on considère le cerveau comme un récepteur pour l'information générée par la conscience, existant indépendamment du cerveau. On peut comparer cette idée à la manière dont les informations de la radio, de la télévision et de l'internet existent indépendamment des instruments qui les reçoivent.

Bruce Greyson, professeur émérite de psychiatrie à l’université de Virginie aux États-Unis et référence incontestée dans le domaine des EMI, affirme qu'aucun modèle physiologique ou psychologique n'arrive à expliquer à lui seul toutes les caractéristiques communes des EMI. Le paradoxe d'une lucidité et d'une conscience accrues dans une période d'altération et de confusion cérébrale soulève de singulières questions à propos de la compréhension actuelle de la conscience. Il souligne que « cette capacité de sensations claires et ces processus complexes de perception pendant une période de mort clinique apparente contredisent l'idée que la conscience est localisée exclusivement dans le cerveau ».

Bruce Greyson a créé en 1983 une échelle de mesure en 16 questions qui, à partir de sept réponses positives, valide la réalité du vécu d'une EMI.

 

Des témoignages de guérisons hors-normes et non-explicables par le corps médical, ont également été recensées.  Par exemple, le regain d'une motricité totale chez un patient souffrant d'une paralysie cérébrale (étudié par Penny Sartori) ou encore la disparition de plusieurs tumeurs en une semaine chez la patiente Anita Moorjani.

Beaucoup de témoignages d'EMI semblent inclure des éléments qui ne peuvent s'expliquer que par une conscience désincarnée. Par exemple, dans un témoignage, une femme décrit avec précision un instrument chirurgical qu'elle n'avait pas vu auparavant et elle rapporte une conversation qui a eu lieu alors qu'elle était sous anesthésie générale. Les témoignages de ce type sont légions depuis que les études sur les EMI se multiplient. Certains cas surprenants par l'importance des souvenirs d'observations fournis se distinguent. Elles sont de plus en plus souvent mises au premier plan par les grands médias, permettant de diffuser des informations sur les EMI auprès du grand public. Prenons pour exemple le cas de Pamela Reynolds qui a pu raconter en détail, après coup, toute l'opération à laquelle elle aurait assisté de l'extérieur alors qu'elle était sous anesthésie générale : les anecdotes entre infirmières, les instruments chirurgicaux utilisés, etc.

Enfin, on ignore scientifiquement ce qui fait que l'on l'on vit une EMI ou non. D'après le professeur Kenneth Ring, professeur émérite de psychologie américain et fondateur et éditeur du Journal of Near-Death Studies, il n'y a pas plus d'EMI chez les croyants que chez les athées. Se peut-il que les EMI soient systématiques mais qu'une partie de la population la refoule au retour dans le corps physique ? Les études ne se prononcent pas sur cette question pour l'instant.

 

EXTRAITS D'OUVRAGES DE RÉFÉRENCE

L'expérience « type » de mort imminente, selon Raymond Moody, se présente ainsi :

« Voici donc un homme qui meurt (...) et qui se retrouve soudain hors de son corps physique (...) ; il aperçoit son propre corps à distance, comme en spectateur. (…) Bientôt, d'autres événements se produisent : d'autres êtres s'avancent à sa rencontre, paraissant vouloir lui venir en aide ; il entrevoit les esprits de parents et d'amis décédés avant lui (…) Mais il constate alors qu'il lui faut revenir en arrière, que le temps de mourir n'est pas encore venu pour lui [mais il] ne souhaite pas ce retour (...) Par la suite,  il ne parvient pas à trouver des paroles humaines capables de décrire de façon adéquate cet épisode supraterrestre (…) Pourtant cette expérience marque profondément sa vie et bouleverse notamment toutes les idées qu'il s'était faites jusque-là à propos de la mort et de ses rapports avec la vie. »

— Raymond Moody, La vie après la vie, 1977, trad., Editions Robert Laffont

 

Exemple d''expérience « type » de mort imminente recueillie par Stanislav Grof :

« Un exemple intéressant d'expérience de sortie du corps véridique, en situation de mort imminente, est celui de Ted, un enseignant afro-américain de 26 ans, souffrant d'un cancer inopérable (...) L'équipe médicale s'était décidée à l'opérer (...) Nous apprîmes qu'au cours de l'opération, Ted avait eu deux arrêts cardiaques entraînant une mort clinique et qu'il avait dû être réanimé à deux reprises (...) Nous interrogeâmes Ted sur ce qu'il avait vécu (...) [1] Sa conscience se trouvait en haut du plafond et il n'arrivait pas à revenir dans son corps (...) [2] Il se mit à décrire avec précision ce que nous portions [comme vêtements] lors de notre précédente visite. Il ne faisait aucun doute qu'il avait perçu avec justesse les personnes présentes dans la pièce, alors que ses yeux étaient restés fermés. Il avait même remarqué à un moment des larmes couler sur les joues de Joan [Halifax]... [3] [Il vit] une lumière brillante, [accompagnée] d'un sentiment de sacré et d'une profonde paix intérieure. [4] Il voyait simultanément un film au plafond retraçant de façon très intense tout le mal qu'il avait fait dans sa vie. Devant ses yeux défilaient les visages de toutes les personnes qu'il avait tuées pendant la guerre, il ressentit la douleur et les souffrances de toutes les personnes auxquelles il avait fait du mal, tout au long de sa vie. »

— Stanislav Grof, Quand l'impossible arrive, 2007, Guy Trédaniel éditeur

 

EXPÉRIENCE DE MORT NÉGATIVE

Si l'on considère que le sujet des EMI est encore bien trop tabou et qu'il est difficile d'échanger sur le sujet avec des personnes n'ayant pas vécu ce type d'expérience, la cas est encore plus flagrant pour les expérienceurs d'EMN, les expériences dites de mort négatives. La dimension effrayante, voire de terreur qu'elle engendre chez ces expérienceurs rend l'expérience particulièrement difficile à communiquer. L'incommunicabilité de l'expérience propre à tout expérienceur se trouve aggravée après une EMN car elle soulève un questionnement introspectif bien naturel sur la notion du mérite d'une telle expérience et qui entraîne souvent un sentiment profond, bien qu'infondé factuellement, de culpabilité pouvant être bien lourd à porter. C'est certainement ce poids du secret qui fait que selon les études de Kenneth Ring, les EMN représentent seulement 5% des EMI et que l'on ne trouve quasiment aucune information sérieuse sur le sujet en ligne ou dans les grands médias.

Témoignage de Christine :

une EMI intégrant une EMN

 

Comme le rapporte Nancy Evans Bush qui a beaucoup travaillé sur le sujet des EMN :

« Il n’y a absolument aucune preuve pour soutenir cette conception que seules les mauvaises personnes rapportent de telles expériences. C’est une question logique à poser, mais des personnes qui sont en réalité des modèles dans la société ont eu des expériences effrayantes. Et des personnes que l’on pourrait considérer comme mauvaises ont eu des expériences très agréables. »

 

Penny Satori, infirmière en soins palliatifs et docteur en philosophie au Royaume-Uni, expose bien les limites de la recherche sur le champs des EMN :

 

« Il est bien plus difficile de faire des recherches sur ces expériences, car les gens ne souhaitent pas les exposer. Nous ne pouvons plus les ignorer, car elles sont là, elles surviennent, beaucoup de personnes en souffrent et n’ont personne vers qui se tourner. Il est donc important que nous les prenions en compte. De nouveau, il faut davantage de recherches sur ces expériences et nous devons concevoir des moyens de soutenir les personnes qui les ont vécues. (...) Il est donc important de continuer à essayer de comprendre les EMI effrayantes, car les ignorer, c’est échouer à prendre en compte tous les aspects de la psyché humaine. »

 

Selon les encore trop rares témoignages d'expérience de mort négative, celle-ci représente rarement une EMI dans sa globalité mais plutôt une partie primordiale de l'expérience. Primordiale car, comme nous l'avons souligné plus haut, les prises de conscience successives sont une part majeure de toute EMI. Hors, les épreuves, comme dans la réalité matérielle, sont souvent des catalyseurs qui nous amènent à des prises de conscience majeures, entre autre parce qu'elles nous marquent dans la difficulté que nous avons à les surmonter.

 

Les EMN peuvent introduire le début d'une EMI ou intervenir au cours de l'une d'elles mais, selon les témoignages que nous avons actuellement, l'EMI dans sa globalité se limite rarement à une EMN. Quelque chose ou quelqu'un intervient généralement dans l'expérience négative pour en extraire l'expérienceur. Cela peut aussi se produire de part la volonté propre de l'expérienceur. A la suite de l'EMN, l'expérienceur peut expérimenter la suite de son expérience immatérielle dans une dimension beaucoup plus grande que s'il n'avait pas vécu l'EMN. Celle-ci lui a fait relativiser les difficultés communes, ses propres souffrances terrestres et apprécier de manière beaucoup plus importante les bénéfices de l'expérience qu'il est en train de vivre. Il arrive également qu'une personne ayant vécue plusieurs EMI dans sa vie ait fait l'expérience d'une EMI entièrement positive et d'une EMI incluant une expérience de mort négative.

 

Une EMN plonge l'expérienceur dans un contexte particulièrement oppressant, menaçant où son corps immatériel peut se retrouver en perpétuel danger, sous d'éternelles tortures. L'expérienceur se retrouve, sans avertissement préalable, plongé subitement dans une situation qui va faire émaner chez lui une frayeur indescriptible dont il ignore en quoi il la mérite et sans savoir quelle en sera l'issue, sans même savoir si issue possible il y aura. Les chercheurs, comme les scientifiques de l'Institut suisse des sciences noétiques, une fondation consacrée à l'étude de la conscience à travers les Etats de Conscience Modifiés (ou EMC) non-ordinaires, distinguent trois types clés d'EMN :

 

1. Les « expériences infernales » sont des expériences où l'expérienceur se trouve soudainement plongé dans un univers ressemblant à l'enfer tel qu'il peut être décrit dans la réalité matérielle par bien des artistes peintres, dans les œuvres littéraires ou encore dans certaines religions. Univers dont il a du mal à faire sens mais qu'il perçoit très rapidement comme un lieu de torture pour les âmes par les « démons ». Ceux-ci peuvent prendre tout type de forme et les tortures infligées également, l'expérienceur se retrouvant surpris que son « corps » puisse perpétuellement survivre aux douleurs qui lui sont infligées.

 

2. Les « expériences dénuées de sens » désignent les expérienceurs qui se retrouvent soudainement au centre d'un vaste néant dans une solitude absolue, dont ils déduisent rapidement la certitude d'un abandon total par tous et par tout. Le silence dans cet instant est absolu, un silence comme l'expérienceur n'a jamais expérimenté auparavant, et qui accroît son sentiment de solitude et d'abandon. Il se retrouve seul comme s'il ne restait que lui dans l'univers, sans avoir la possibilité d'y remédier en quoi que ce soit.

 

3. Les « expériences inversées » sont des EMI d'apparence plus classiques que l'on pourrait qualifier dans la forme de « positives » mais où l'expérienceur perçoit tout ce qu'il se passe autour de lui comme absurde et dénué de fondement ou de sens et qui, en tout les cas, est vécue négativement.

 

Ces différents types d'EMN pourrait être dues, selon les témoignages encore trop rares que nous possédons à l'heure actuelle, à des facteurs variés mais généralement reliés aux croyances de la personne dans sa réalité matérielle tels que :

  • la certitude qu'il n'existe rien après la mort (ce qui rend le réveil de l'autre côté totalement incompréhensible, voire absurde)

  • la certitude de l'impossibilité d'existence d'êtres vivants autres que matériels (ce qui a pour conséquence que l'expérience semble ridicule puisque, ayant toujours méprisé l'idée de l'existence d'êtres célestes quels qu'ils soient, cette réflexion ancrée profondément par des années de vie terrestre a du mal à évoluer à la rapidité de l'expérience que l'expérienceur est en train de vivre en dehors du corps matériel)

  • la peur de la mort (l'appréhension empêchant la personne de prendre pour vrai ce qui est en train de se produire)

  • la certitude du ciel et de l'enfer (là aussi créant une appréhension telle que l'expérience ne peut être vécue comme elle se présente)

  • la culpabilité à la suite de la revue de vie qui teinte négativement le reste de l'expérience

 

Quelle que soit le type d'EMN vécue par l'expérienceur, il semble que dans la majorité des cas, quand l'EMI a le temps de se poursuivre (si elle n'est pas coupée par le succès de la réanimation matérielle), l'expérienceur en proie à une EMN se retrouve sauvé de l'enfer de sa situation par quelque chose de bien plus grand, de bien plus beau que ce qu'il a perçu jusqu'alors dans son expérience. Il se peut également que l'expérienceur parviennent à s'extraire de l'enfer qu'il vit par lui-même. Dans les deux cas, on conserve un fort sentiment que le reste de l'expérience, qui peut devenir très positive, est perçue par l'expérienceur comme une chance de salut. Dans tous les cas, l'expérience qui suit impacte l'expérienceur tout autant que l'EMN qu'il a vécu auparavant. L'EMN peut alors devenir un catalyseur pour intégrer l'expérience positive qui la suit.

Les études actuelles indiquent que la revue de vie, les émotions positives et la disparition de la crainte de la mort qui peuvent être typiques d'une EMI manquent quasi-systématiquement à une EMN.

Ce que l'on peut par contre retrouver dans une EMI contenant une EMN comme dans une EMI n'en contenant pas : la décorporation, le mouvement rapide du corps immatériel vers des espaces marqués de lumière ou d'obscurité, la rencontre d'une ou plusieurs présences (guides, figures religieuses, membre décédés de la famille, etc.), des émotions intenses, la transcendance, parfois un message spécifique. La caractéristique commune au retour de l'expérience est la certitude absolue et persistante qu'il y a plus à la réalité que le monde physique.

Un véritable stress posttraumatique peut perdurer chez les personnes ayant vécu une EMN. D'autant plus par le silence qui entoure l'expérience une fois revenu à la vie matérielle. C'est également pour aider ces expérienceurs que nous avons créé l'association. Si vous vous trouvez dans la tourmente du souvenir d'une telle expérience ou simplement avec l'envie d'en parler, n'hésitez pas à nous écrire : em2i.association@gmail.com et à entrer en contact. Christine et Jean-Pierre sont eux-même des expérienceurs de mort négative et sont donc à même de vous comprendre.

 

EXPÉRIENCE DE MORT PARTAGÉE

Nous parlions plus haut de la décorporation comme un effet pouvant intervenir dans bien d'autres contextes que celui d'une expérience de mort imminente. L'expérience de mort partagée en est un exemple flagrant, expérience qui peut se révéler tout aussi transcendante qu'une EMI.

 

L'expérience de mort partagée intervient lorsqu'un ou plusieurs proches de la personne en fin de vie ou encore lorsque certains membres du personnel médical qui entoure la personne en fin de vie accompagnent le départ du mourant au-delà du simple regard terrestre. En effet, les « témoins de la vie après la vie » comme les dénomme Raymond Moody, pionnier des recueils de témoignages sur le sujet avec la publication en 2010 de son recueil Témoins de la vie après la vie, se retrouvent soudainement happés dans une dimension immatérielle en compagnie du futur défunt pour vivre, à ses côtés, son départ dans une autre dimension que la dimension strictement terrestre. L'expérience peut débuter par la vision de la décorporation de l'âme du futur défunt par les témoins.

Celle-ci peut se représenter par une fumée blanche, bleue... qui semble s'évaporer du thorax de la personne en fin de vie. Les témoins sont alors surpris de se voir accompagner la personne dans sa décorporation qu'ils vivent soudainement eux-mêmes de leur propre corps alors que bien portants et sans danger de mort quelle qu'elle soit. Le début de l'expérience se fait souvent avec la distincte arrivée de proches décédés venant assister le défunt dans sa transition, à la manière dont on réunit les membres d'une famille pour la naissance d'un enfant dans le plan matériel. Les témoins désincorporés toujours bien vivants assistent parfois également à la revue de vie de leur proche mourant au travers d'images de sa vie passée dont ils peuvent faire partie ou non.

 

Il se crée dans la majorité des cas une distorsion de l'espace tridimensionnel dans lequel les corps physiques de tous les protagonistes sont installés (chambre d'hôpital, chambre du mourant...) pour finir par ne plus ressembler à sa réelle dimension terrestre, voire être envahie par une lumière indescriptible, comme on la retrouve dans beaucoup d'EMI. Une lumière empreinte d'amour et de paix inconditionnels. Il se peut alors que les corps immatériels du mourant et de ses témoins découvrent un tout autre décor (paysages édéniques souvent) où la notion de frontière intervient, les témoins comprenant intuitivement qu'ils ne peuvent aller au-delà de cette frontière. Le décédant traversant cette frontière sans encombre, les témoins sont soudainement amenés à revenir dans leur propre corporalité et peuvent constater une fois revenus que le mourant à rendu son dernier souffle.

 

Au retour d'une expérience partagée, le deuil de la personne survivant au mourant se retrouve remarquablement atténué, de même que la peur de sa propre mort. Les « témoins de la vie après la vie » semblent par leur expérience de décorporation vivre des enchaînements de prises de conscience altérant leurs valeurs à la manière d'une EMI classique, tout en conservant leur fonctions vitales entièrement opérationnelles. De la même manière qu'un expérienceur de mort imminente, l'expérienceur d'une mort partagée revient dans son corps convaincu d'être amené à revivre une expérience de décorporation similaire au moment de son propre départ. Finalement, la certitude de la réalité de l'expérience se retrouve aussi forte chez les expérienceurs de mort imminente que chez les expérienceurs de mort partagée. Christine et Samantha ont elles-mêmes fait l'expérience d'une EMP, n'hésitez pas à leur écrire à em2i.association@gmail.com afin de partager votre vécu et de trouver une oreille attentive et renseignée.

 

Expérience type de mort partagée selon Raymond Moody :

« Une femme appelée Jane est assise auprès de son mari, en phase terminale d’un cancer, après trente ans de vie commune. Il a perdu conscience et, d’après le médecin qui le soigne, sa mort est imminente (…) Tandis qu’elle le regarde, une brume blanche s’élève et se dissipe dans l’air au-dessus de lui (… ) Soudain, la chambre s’éclaire et s’emplit d’une lumière blanche dans laquelle danse des particules. Jane, qui se sent un peu étourdie, comprend tout à coup qu’elle a quitté son corps et qu’elle flotte non loin du plafond de la chambre. Elle se voit en bas, assise auprès du cadavre de son mari, ce qui lui paraît, car elle le sent en même temps non loin d’elle. Elle tourne la tête et le voit qui lui sourit (…) Le couple continue à planer tandis que des scènes de leur vie surgissent autour d’eux. Ils voyagent dans leur passé en voyant défiler ces fragments dont certains se présentent de façon panoramique (…) Parmi ces scènes, se trouvent des séquences dont Jane ne fait pas partie, des scènes de la vie de son mari (…) Ensemble, ils se déplacent vers un coin de la chambre qui n’est plus à angle droit. Toute la pièce a changé de forme et semble continuer à se transformer (…) C’est peut-être dû à cette ouverture, à ce tube qui semble se dilater près du plafond, comme une porte vers un ailleurs. Jane et son mari y pénètrent (…) [et] débouchent dans un paysage édénique. Autour d’eux, tout n’est que beauté (…) Jane et son mari marchent sur un sentier qui descend vers un cours d’eau. Comme ils s’en approchent, Jane se rend compte qu’elle ne peut pas aller plus loin (…) Elle est heureuse pour son mari qui ne souffre plus et n’a plus de corps mortel. Elle prend congé de lui et, en un éclair, se retrouve dans son corps de chair et d’os, assise auprès de celui, inerte, de son mari. »

 

— Raymond Moody, Témoins de la vie après la vie. Une Enquête sur les Expériences de Mort Partagée, 2010, trad., Editions Robert Laffont

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